Sommaire (5 sections)
- Un « nouveau contrat de location » au 1er octobre 2026 : de quoi parle-t-on ?
- Votre préavis ne change pas (et c'est l'essentiel)
- Ce que le décret change vraiment pour les nouveaux baux
- La clause résolutoire obligatoire : ce que ça change pour le locataire
- Clause résolutoire : quel risque pendant votre préavis ?
Depuis juillet 2026, de nombreux articles annoncent un « nouveau contrat de location » qui entrerait en vigueur le 1er octobre 2026. Si vous êtes locataire et que vous préparez votre départ, une question légitime se pose : est-ce que cela change quelque chose à votre préavis ? La réponse courte est rassurante — non, votre préavis ne change pas — mais il y a tout de même des évolutions à connaître, surtout si vous signez un nouveau bail. On fait le point, texte officiel à l'appui.
Un « nouveau contrat de location » au 1er octobre 2026 : de quoi parle-t-on ?
Le texte en question est le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, publié au Journal officiel du 7 juillet 2026. Il ne crée pas une nouvelle loi sur le logement : il modifie le contrat type de location (le modèle de bail défini par le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015, pris en application de la loi du 6 juillet 1989).
Autrement dit, ce sont les clauses du bail que votre propriétaire vous fait signer qui évoluent — pas les droits que vous tenez de la loi en tant que locataire. Et surtout, ces changements ne s'appliquent qu'aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026.
Votre préavis ne change pas (et c'est l'essentiel)
C'est le point le plus important pour qui veut résilier son bail : le décret du 6 juillet 2026 ne touche pas à l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989, qui régit le congé du locataire. Concrètement, restent strictement identiques :
- La durée du préavis : 3 mois en location vide, 1 mois en meublé.
- Les motifs de préavis réduit à 1 mois : zone tendue, mutation professionnelle, perte d'emploi, premier emploi, état de santé, bénéficiaire du RSA ou de l'AAH, attribution d'un logement social…
- Les modes d'envoi du congé : lettre recommandée (papier ou électronique), remise en main propre contre récépissé, ou acte de commissaire de justice.
- Le point de départ du délai : la date de réception du congé par le bailleur.
Si vous devez partir, votre démarche est donc exactement la même qu'avant. Pour calculer votre date de fin de bail au jour près, utilisez notre calculateur de date de fin de préavis, et pour vérifier si vous relevez d'un préavis d'un mois, consultez le récap « nouvelle loi » 2026.
Ce que le décret change vraiment pour les nouveaux baux
Le cœur de la réforme concerne la clause résolutoire, c'est-à-dire la clause qui permet au bailleur de faire résilier le bail « de plein droit » en cas de manquement. À compter du 1er octobre 2026, le contrat type impose trois nouveautés :
- Une clause résolutoire obligatoire en cas de non-paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie (cette dernière hypothèse est nouvelle). Elle ne produit effet que six semaines après un commandement de payer resté infructueux.
- Des clauses résolutoires facultatives que le bailleur peut ajouter : défaut d'assurance habitation du locataire (avec un délai d'un mois pour régulariser), troubles de voisinage constatés par une décision de justice, ou non-occupation du logement à titre de résidence principale.
- Des coordonnées facultatives : le bail peut désormais mentionner l'adresse e-mail et le numéro de téléphone du bailleur et du locataire, pour faciliter le dialogue en cas de difficulté.
À noter : même avec une clause résolutoire, la résiliation « de plein droit » n'autorise jamais une expulsion immédiate. Une décision de justice, un commandement et une procédure restent obligatoires avant tout départ forcé.
La clause résolutoire obligatoire : ce que ça change pour le locataire
C'est la vraie nouveauté du décret, et celle qui inquiète le plus. Une clause résolutoire est une clause du bail qui prévoit que le contrat est résilié de plein droit en cas de manquement précisément identifié. Sa particularité : le juge n'apprécie pas la gravité du manquement, il se borne à constater que les conditions de la clause sont réunies.
Depuis le décret n° 2026-596, cette clause est obligatoire dans tout contrat type conclu ou renouvelé à compter du 1er octobre 2026, et elle vise trois manquements : le non-paiement du loyer, celui des charges, et le non-versement du dépôt de garantie — cette dernière hypothèse étant nouvelle. Elle ne produit effet que six semaines après un commandement de payer resté infructueux.
Ce que la clause résolutoire ne permet PAS à votre bailleur
C'est le point le plus mal compris. « Résiliation de plein droit » ne signifie ni départ automatique, ni expulsion immédiate. Votre bailleur ne peut pas :
- Vous expulser lui-même. Une décision de justice et le concours d'un commissaire de justice restent obligatoires ; se faire justice soi-même est un délit.
- Changer la serrure, couper l'eau, l'électricité ou le chauffage pour vous pousser dehors.
- Se passer du commandement de payer. Sans cet acte préalable, et sans le délai de six semaines, la clause ne joue pas.
- Empêcher le juge de vous accorder des délais. En application de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, le juge peut accorder des délais de paiement ; pendant ces délais, les effets de la clause résolutoire sont suspendus, et le bail se poursuit si vous respectez l'échéancier.
Le bailleur peut par ailleurs ajouter des clauses résolutoires facultatives, elles aussi encadrées : défaut d'assurance habitation (avec un mois pour régulariser), troubles de voisinage constatés par une décision de justice, ou non-occupation du logement à titre de résidence principale. Aucune ne permet de contourner le juge.
Et si vous avez un impayé pendant votre préavis ?
Donner congé ne solde pas vos dettes : vous restez redevable du loyer et des charges jusqu'au terme du préavis. Si un impayé survient pendant cette période et que votre bail contient la clause, le bailleur peut engager la procédure — mais le calendrier (commandement, six semaines, audience) dépasse généralement la durée d'un préavis d'un mois. En pratique, le risque concret est moins l'expulsion que la retenue sur le dépôt de garantie et le contentieux qui s'ensuit.
Clause résolutoire : quel risque pendant votre préavis ?
Rappel utile : pendant toute la durée de votre préavis, vous restez redevable du loyer et des charges jusqu'à la date de fin, sauf si un nouveau locataire entre dans les lieux avec l'accord du bailleur. Si votre bail (signé à partir du 1er octobre 2026) contient la nouvelle clause résolutoire et que vous cessez de payer pendant le préavis, le bailleur dispose d'un levier supplémentaire.
Le conseil est simple et n'a pas changé : continuez à payer votre loyer jusqu'au terme du préavis. C'est la meilleure protection, et cela vous évite tout litige au moment de la restitution du dépôt de garantie.
Votre bail actuel est-il concerné ?
Dans l'immense majorité des cas, non. Le décret précise que ses dispositions s'appliquent uniquement aux contrats conclus ou renouvelés à compter du 1er octobre 2026. Les baux en cours conservent le régime en vigueur au jour de leur signature.
Vous n'avez donc aucune démarche à faire et vous n'avez pas à signer un « nouveau bail ». La vigilance ne s'impose que si vous vous apprêtez à signer un nouveau logement ou si votre bail arrive à renouvellement après cette date : lisez alors attentivement les clauses de résiliation.
Avant / après le 1er octobre 2026 : le comparatif
| Élément | Avant le 1er oct. 2026 | Nouveaux baux à partir du 1er oct. 2026 |
|---|---|---|
| Préavis du locataire (durée, motifs, envoi) | 1 ou 3 mois selon le cas | Inchangé (1 ou 3 mois) |
| Clause résolutoire loyer / charges | Facultative selon le bail | Obligatoire (effet 6 semaines après commandement) |
| Clause résolutoire dépôt de garantie | Inexistante | Nouvelle (non-versement) |
| Coordonnées e-mail / téléphone au bail | Non prévues | Facultatives |
| Baux déjà signés | — | Non concernés (régime antérieur) |
Vous signez un bail après le 1er octobre 2026 ? La checklist
Si vous emménagez à la rentrée ou plus tard dans l'année, votre contrat sera établi sur le nouveau modèle. Voici ce qu'il faut regarder avant de signer — et ce qui, en pratique, change pour vous.
- La clause résolutoire est désormais dans tous les baux. Vérifiez qu'elle vise bien le non-paiement du loyer, des charges et du dépôt de garantie, et qu'elle rappelle le délai de six semaines après commandement de payer. Sa présence est normale : c'est le décret qui l'impose, pas une exigence de votre bailleur.
- Versez le dépôt de garantie dans les temps et gardez-en la preuve. C'est la nouveauté la plus concrète : son non-versement devient un motif de résiliation de plein droit. Un virement daté et son justificatif suffisent à vous protéger.
- Lisez les clauses résolutoires facultatives. Le bailleur peut en ajouter pour le défaut d'assurance habitation (avec un mois pour régulariser), les troubles de voisinage constatés par une décision de justice, ou la non-occupation à titre de résidence principale. Elles sont encadrées : aucune ne permet une expulsion sans juge.
- E-mail et téléphone sont facultatifs. Le nouveau contrat type prévoit de pouvoir les mentionner. Les renseigner facilite les échanges — notamment la réception rapide d'un congé — mais rien ne vous y oblige.
- Votre préavis, lui, ne bouge pas. 3 mois en location vide, 1 mois en meublé ou en zone tendue, et les mêmes motifs de réduction. Vérifiez le délai qui s'applique à votre cas.
Un point rassurant pour finir : la résiliation « de plein droit » prévue par une clause résolutoire n'autorise jamais une expulsion immédiate. Un commandement de payer, une décision de justice et une procédure restent obligatoires.
À retenir
- Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 modifie le contrat type de location, pas la loi sur le préavis.
- Votre préavis (1 ou 3 mois), vos motifs de réduction et vos modes d'envoi ne changent pas.
- La nouveauté principale est une clause résolutoire obligatoire (loyer, charges, dépôt de garantie) dans les baux signés ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026.
- Les baux en cours ne sont pas concernés.
- Pendant votre préavis, payez votre loyer jusqu'au bout : c'est votre meilleure protection.
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